Vendredi dernier, l’or au comptant a clôturé sous les 4 000 dollars l’once pour la première fois depuis l’été. Le lendemain, dans le plus grand marché de bijoux de Chine, on ne pouvait plus circuler.
La scène se passe à Shuibei, le quartier de l’or de Shenzhen. Regardez la vidéo : des allées où l’on avance au pas, des clients serrés contre les comptoirs, des vendeurs qui n’ont pas le temps de déjeuner. Et ce ne sont pas des traders devant un graphique. Ce sont des gens qui veulent du métal. Du vrai. Du physique. Celui qu’on pèse, qu’on essaie, qu’on repart avec dans un sachet. « Il y a plus de monde ici que dans un marché aux légumes », résumait un commentaire partagé des milliers de fois.
En coulisses, la mécanique est simple : la semaine dernière, l’or a perdu près de 4 %, sa pire semaine depuis juin. En Chine, le gramme affiché en bijouterie a perdu une centaine de yuans en un mois. Ceux qui attendaient leur moment sont sortis de leur réserve : deux à trois fois plus de monde qu’un week-end normal, et des vendeurs qui ont doublé leurs ventes.
Ce réflexe-là, on le connaît. Quand le cours tousse, l’agence voit passer exactement le même monde : des gens qui veulent du vrai métal entre les mains, pas une ligne sur un relevé. Parce qu’au fond, la foule de Shenzhen raconte quelque chose de très simple : quand le prix baisse, on ne court pas vers un écran. On court vers l’or physique. Celui qui ne disparaît pas quand on ferme l’application.
