Pourquoi l’or et l’argent reculent malgré un contexte mondial instable
L’or recule de 3 % en une semaine, l’argent métal plonge de près de 7 %. Et pourtant, le
monde n’a jamais semblé aussi instable.
La semaine du 20 avril 2026 restera dans les mémoires comme un cas d’école pour tout investisseur
en métaux précieux. Alors que les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz
entrent dans leur neuvième semaine, et que l’Agence internationale de l’énergie qualifie cette crise
de plus grand choc énergétique jamais enregistré, le cours de l’or a paradoxalement reculé pour
s’établir autour de 4 708 dollars l’once ce vendredi 25 avril.
Un paradoxe ? Non. Un mécanisme de marché implacable qu’il faut comprendre pour mieux
se positionner.
Le piège inflationniste du détroit d’Ormuz
La fermeture effective du détroit d’Ormuz a propulsé les prix du pétrole à des niveaux inédits depuis
2022, ravivant le spectre d’une inflation durable. Or, quand l’inflation repart, les marchés anticipent
un durcissement monétaire. La Fed, qui maintient ses taux directeurs à 3,50-3,75 %, affiche
désormais une probabilité quasi nulle de baisse en avril selon le CME FedWatch. Un sondage
Reuters auprès d’économistes repousse la première baisse à la fin de l’année 2026, voire au-delà.
Cette perspective de taux élevés pèse mécaniquement sur l’or et l’argent, actifs sans rendement qui
perdent en attractivité relative face aux obligations souveraines.
L’once d’or : une correction, pas un retournement
Rappelons les faits : le cours de l’or a atteint son sommet historique à 5 595 dollars le 29 janvier
2026. À 4 708 dollars, nous sommes certes 15 % en dessous de ce record, mais l’once reste à des
niveaux que personne n’imaginait il y a dix-huit mois. Les prévisions institutionnelles de fin d’année
oscillent entre 5 400 dollars selon Goldman Sachs et 6 300 dollars d’après J.P. Morgan, tandis
qu’Union Bancaire Privée maintient son objectif à 6 000 dollars, réaffirmé le 13 avril dernier.
Acheter de l’or à ces niveaux reste, pour la plupart des analystes, une décision patrimoniale
cohérente à moyen terme, particulièrement dans un contexte d’incertitude géopolitique persistante.
L’argent métal sous pression, mais structurellement solide
L’argent métal a souffert davantage cette semaine, chutant à moins de 76 dollars l’once — un recul
de près de 7 %. Son statut hybride, à la fois métal précieux et métal industriel, le rend plus vulnérable
aux craintes de ralentissement économique liées au choc énergétique. Pourtant, le ratio or/argent se
maintient autour de 59-61 pour 1, bien en dessous de la moyenne historique long terme de 70 pour 1.
Cela signifie que, malgré sa correction, l’argent conserve une force relative remarquable face au
métal jaune. En douze mois, le métal blanc a gagné plus de 45 dollars par once, une performance que
très peu d’actifs traditionnels peuvent revendiquer.
Les banques centrales : le signal qui ne trompe pas
Tandis que les marchés hésitent, les banques centrales, elles, continuent d’accumuler des lingots
d’or. Selon le World Gold Council, elles sont restées acheteuses nettes en février 2026, confirmant
une tendance ininterrompue depuis plusieurs années. La Pologne mène le bal avec plus de 20 tonnes
acquises depuis janvier, dans le cadre d’un plan stratégique visant 700 tonnes de réserves — une
démarche liée aux préoccupations sécuritaires sur le flanc est de l’OTAN.
La Chine, l’Ouzbékistan et plusieurs économies d’Asie centrale accélèrent également leurs achats,
considérant l’or comme un actif de réserve hors de portée de toute juridiction étrangère. Les prévisions
tablent sur 800 à 850 tonnes d’achats institutionnels pour l’ensemble de l’année 2026 — un volume
considérable qui maintient un plancher structurel sous les cours des pièces d’or et des lingots.
La réunion de la Fed du 29 avril : un catalyseur à surveiller
La prochaine décision de la Réserve fédérale, attendue le 29 avril, sera la dernière avant la fin du
mandat de Jerome Powell à la présidence de l’institution. Si aucun mouvement de taux n’est anticipé,
le ton du communiqué et les projections sur l’inflation seront déterminants pour l’ensemble du
marché des métaux précieux.
Tout signal de patience prolongée pourrait temporairement pénaliser les cours, tandis qu’une ouverture
à un assouplissement futur relancerait la dynamique haussière.
Pour les investisseurs en métaux précieux en Belgique et en Europe, cette période de consolidation
représente une fenêtre d’opportunité rare pour renforcer ses positions à des niveaux inférieurs aux
sommets de janvier. L’histoire des marchés nous enseigne que ces phases de repli, lorsqu’elles
interviennent dans un cycle haussier structurel, constituent précisément les moments où les décisions
les plus judicieuses se prennent.
Chez Gold & Silver Company, nous suivons ces dynamiques en temps réel pour vous offrir les
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Anaïs — Gold Broker & Gestionnaire de patrimoine