Jeudi 5 novembre, environ 3 000 milliards de dollars de capitalisation se sont évaporés sur les sociétés du S&P 500, pire séance de Wall Street depuis 19 mois. Du vendredi 30 octobre au vendredi 6 novembre au matin, l’once d’or est passée d’un creux d’un an à une hausse d’environ 5,9 % sur la semaine, sa meilleure performance depuis fin août : le réflexe valeur refuge s’est lu séance après séance, dates et cotations à l’appui.
Du 30 octobre au jeudi matin, l’once quitte 3 869,85 dollars
3 869,85 dollars l’once : vendredi 30 octobre, l’or touche un creux d’un an.
L’argent passe sous les 50 dollars l’once, une première en 11 mois.
Octobre a été le pire mois des métaux précieux depuis la crise de 2008. L’or a cédé 6,8 % sur le mois.
Lundi 2 novembre, le pétrole chute de plus de 6 %. C’est le troisième jour de pourparlers Iran-Qatar visant à mettre fin à la guerre USA-Israël/Iran. La nuit précédente, des frappes américaines limitées ont visé l’île de Qeshm. L’or rebondit d’environ 1,7 %, vers 3 942 dollars.
Mardi 3 novembre, les élections de mi-mandat américaines livrent une vague démocrate. Les deux chambres du Congrès basculent. L’or tient autour de 3 920 à 3 930 dollars.
321 tonnes d’or : les banques centrales ont acheté ce volume au troisième trimestre, selon le rapport du World Gold Council publié le même jour, soit 42 % de plus sur un an, plus haut trimestriel depuis fin 2024.
675 tonnes ont été accumulées depuis janvier, en hausse de 6 %. La Chine arrive en tête des acheteurs, avec 63 tonnes, devant la Pologne, 40 tonnes.
3,4 % : mercredi 4 novembre, l’or signe son plus fort gain quotidien depuis le 19 août et repasse au-dessus de 4 000 dollars, autour de 4 061 dollars. Le dollar tombe au plus bas depuis le 30 septembre. Les rendements des bons du Trésor, le taux d’intérêt que paie Washington sur sa dette, touchent leur plus bas en presque deux mois.
Le Brent passe sous 100 dollars pour la première fois depuis début octobre, en recul de 9 % sur la semaine. L’argent gagne 4,6 %, à 50,06 dollars.
86 000 emplois privés ont été créés en octobre aux États-Unis selon l’enquête ADP, contre un consensus de 67 000.
4 146,63 dollars : jeudi 5 novembre au matin, côté américain, l’or inscrit son plus haut depuis le 20 octobre. À 14 h 14 GMT, le métal gagne 1,57 %, autour de 4 123 dollars.
L’argent cote 53,34 dollars, en hausse de 2,1 %.
Jeudi 5 novembre : 3 000 milliards disparaissent du S&P 500
La séance américaine, soirée européenne, est la pire de Wall Street depuis 19 mois, depuis le « Liberation Day » d’avril 2025.
4,36 % : c’est la baisse du S&P 500, l’indice des grandes sociétés cotées américaines, à 7 353,73 points. Environ 3 000 milliards de dollars s’évaporent sur les sociétés de l’indice.
5,52 % : le Nasdaq Composite recule à 24 315 points. L’indice entre en « correction », le mot de marché pour une baisse de 10 % sous un record, ici celui du 6 octobre.
6,36 % : le Nasdaq 100 signe sa pire séance depuis 2020. Environ 2 300 milliards de dollars de capitalisation s’évaporent sur cet indice.
3,44 % : le Dow Jones recule de 1 833 points, à 51 523,06.
La veille, mercredi, avait été la meilleure séance du S&P 500 en trois mois. Le Dow avait alors gagné 1 500 points.
La lame de fond démocrate ravive la crainte d’une régulation des data centers, ces centres de données qui hébergent les calculs d’intelligence artificielle, et de l’IA elle-même. Le secteur doutait déjà de la rentabilité de ses investissements.
Semiconducteurs : −12,2 % à Philadelphie, l’Asie dans le sillage
12,2 % : l’indice des semiconducteurs de Philadelphie encaisse la deuxième pire chute de son histoire. Nvidia recule d’environ 9 à 10 %. AMD cède 17 %.
Dans la nuit du 5 au 6 novembre, l’onde de choc gagne l’Asie. Le Nikkei ouvre en baisse de 7 %. Il clôture autour de −5,9 %. La Corée du Sud et Taïwan cèdent 8 %.
1,4 % : les contrats à terme du Nasdaq, les « futures », qui cotent l’indice hors des heures de séance, tentent ce rebond. Ces mêmes contrats cumulent −16,6 % depuis leur sommet d’octobre, soit 5 250 points en 23 séances.
L’or : +5,9 % sur la semaine, meilleur score depuis fin août
Vendredi 6 novembre au matin, l’or consolide entre 4 050 et 4 105 dollars, après le sommet de 4 146,63 dollars inscrit la veille. Il reste en hausse d’environ 5,9 % sur la semaine.
L’argent cote autour de 52 dollars. Le rendement de l’emprunt américain à 10 ans se situe autour de 4,82 à 4,84 %.
5 586 dollars l’once : c’est le record historique de l’or, inscrit le 29 janvier 2026. Le cours du vendredi matin reste environ 1 500 dollars sous ce pic.
NFP à 14 h 30, CPI le 10, Fed les 8 et 9 décembre
Vendredi 6 novembre à 14 h 30, heure de Paris, le rapport mensuel sur l’emploi américain d’octobre est au calendrier. Ce NFP, les créations d’emplois hors agriculture, porte un consensus de 65 000 postes. Le taux de chômage attendu est de 4,2 %. Les salaires sont attendus en hausse de 0,3 % sur le mois.
29 000 : c’était le précédent rapport. Les inscriptions au chômage sont tombées à 189 000, plus bas en 57 ans. La productivité du troisième trimestre ressort à +3,6 %.
Mardi 10 novembre, l’inflation américaine, mesurée par l’indice des prix à la consommation (CPI), est à son tour au calendrier.
Les 8 et 9 décembre, la Fed doit tenir sa réunion de politique monétaire. Les marchés parient à 66-71 % sur une hausse de taux. Le scénario que pricent les marchés est celui d’un resserrement, pas d’une baisse. Deux responsables de la Fed ont plaidé jeudi pour des hausses « modestes et régulières ».
Jeudi 5 novembre, la Banque d’Angleterre a relevé ses taux, une première en plus de trois ans. Elle prévient qu’une autre hausse est probable si le conflit avec l’Iran dure. La BCE, par la voix de Lagarde, examine les indicateurs en vue d’un éventuel relèvement en décembre.
4 150 dollars : Goldman Sachs abaisse à ce niveau sa prévision d’or pour fin 2026, contre 4 650 dollars auparavant, en citant une Fed plus stricte. La Pologne annonce avoir atteint sa cible de 700 tonnes d’or en réserves, et se dit ouverte à d’autres achats.
Jeudi, Wall Street a perdu 3 000 milliards de dollars en une séance. La même semaine, l’or a signé sa meilleure performance depuis fin août.
