L’or a baissé la semaine dernière parce que les rendements obligataires américains restent élevés, que la Fed présidée par Kevin Warsh laisse la porte ouverte à un nouveau resserrement, que le dollar est fort, et parce que des investisseurs pris d’appels de marge pendant la déroute des valeurs technologiques ont vendu de l’or pour trouver du cash. La guerre USA-Iran et le pétrole cher entretiennent l’inflation, sans relancer le métal pour l’instant. Vendredi 23 octobre, l’once est passée sous 4 000 dollars, son plus bas depuis la mi-juillet, à près de 29 % sous le record de janvier.
- Record du 28 janvier 2026 : 5 594,82 dollars l’once.
- Vendredi 23 octobre : passage sous 4 000 dollars, plus bas depuis la mi-juillet.
- Correction depuis le record : près de 29 %.
Quelles forces ont fait reculer l’or la semaine dernière ?
Trois forces ont pesé : les rendements américains, le dollar fort et, en fin de semaine, des ventes forcées d’investisseurs pris d’appels de marge. L’once enchaîne deux semaines de baisse. Vendredi 23 octobre 2026, elle est passée sous les 4 000 dollars, son plus bas depuis la mi-juillet. Fin octobre, le spot se situe autour de 4 000 dollars. Le 28 janvier 2026, le métal avait inscrit un record à 5 594,82 dollars l’once. La correction depuis ce sommet atteint près de 29 %.
Le concurrent le plus immédiat, ce sont les rendements américains. Le 7 octobre 2026, le 10 ans américain a touché 5,35 % et le 30 ans 5,72 %, leurs plus hauts depuis vingt-quatre ans. Une détente s’est dessinée ensuite : le 10 ans est repassé sous 5 % le 22 octobre, à 4,96 %, sa plus forte baisse journalière depuis mars 2023. La baisse de l’or cette semaine-là ne vient donc pas des taux. Elle vient des ventes forcées : des investisseurs pris d’appels de marge pendant la déroute des valeurs technologiques ont vendu le métal le plus liquide de leur portefeuille pour trouver du cash. Le pétrole au plus haut depuis cinq mois a entretenu l’inflation et l’idée que les taux resteraient hauts plus longtemps. Nous avons détaillé ce lien entre l’or, les taux et le dollar.
Le dollar fort accompagne ce mouvement. Il rend l’once plus chère pour les acheteurs hors zone dollar et pèse sur la demande de court terme. C’est la mécanique classique des semaines où le marché obligataire donne le tempo.
Que faut-il attendre de la Fed les 27 et 28 octobre ?
Des taux inchangés, selon les marchés, puis une hausse possible en décembre. La Réserve fédérale est présidée par Kevin Warsh. Le 16 septembre 2026, elle a relevé ses taux de 25 points de base. C’était la première hausse depuis juillet 2023. La réunion des 27 et 28 octobre 2026 devrait, selon les marchés, laisser les taux inchangés. Les mêmes marchés parient ensuite sur une hausse en décembre, avec une probabilité citée entre 75 et 92 %.
Cette séquence explique une bonne part de la nervosité sur l’or. Un resserrement déjà engagé, une pause attendue, puis la possibilité d’un nouveau tour de vis : le métal supporte mal cet enchaînement. Sans coupon, il rivalise difficilement avec des placements sans risque mieux rémunérés.
Hors des États-Unis, le Japon pèse également. Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, estime l’inflation sous-jacente proche de 2 %, ce qui laisse la voie à des hausses de taux. Un monde de banques centrales moins accommodantes réduit l’attrait immédiat de l’or comme actif sans rendement. Cela ne dit rien du rôle de long terme du métal. Cela décrit seulement le climat de la semaine écoulée.
Pourquoi la guerre USA-Iran n’empêche-t-elle pas la baisse ?
Le conflit USA-Iran dure depuis fin février 2026. Le pétrole reste élevé. L’inflation persiste. Sur le papier, ce décor devrait soutenir l’or. C’est le paradoxe de la semaine : le risque géopolitique est bien là, mais il ne gagne pas, pour l’instant, contre les taux et le dollar.
L’or réagit à plusieurs forces en même temps. Quand les rendements réels montent, ils peuvent l’emporter sur le réflexe de refuge. C’est ce que l’on observe ces jours-ci. Le pétrole cher et la guerre entretiennent l’inflation. Ils n’effacent pas le coût d’opportunité d’un métal qui ne verse aucun coupon.
Le fond budgétaire américain n’a pas disparu pour autant. Le déficit fédéral de l’exercice 2026, clos le 30 septembre, s’élève à 1 992 milliards de dollars, contre 1 775 milliards l’année précédente. La dette publique totale atteint 40 329 milliards de dollars au 14 octobre 2026, selon Treasury FiscalData. Ces chiffres n’expliquent pas la baisse de la semaine. Ils rappellent pourquoi le débat sur l’or ne se résume pas à trois séances de recul. Pour un épargnant, comprendre cette interaction compte davantage que d’associer automatiquement guerre et hausse de l’or.
Qui continue d’acheter pendant la correction ?
Pendant que le spot recule, les banques centrales continuent d’acheter ; les ETF or ont, eux, enregistré des sorties la semaine du 19 octobre (environ 16 tonnes, selon les données SPDR), selon Morningstar. Les flux institutionnels ne suivent pas le calendrier d’une séance hebdomadaire.
Chez Gold & Silver Company, nous observons que les semaines de baisse ramènent souvent les mêmes questions en agence : le marché de l’or s’est-il retourné, ou le métal change-t-il simplement de mains ? L’écart entre un cours qui corrige et des acheteurs officiels qui accumulent en dit long. Nous l’avons déjà abordé quand l’or baisse mais que les banques centrales achètent.
Un stratège cité par Morningstar, Peter Kinsella (Union Bancaire Privée), range parmi les risques haussiers une éventuelle réévaluation des réserves d’or américaines. Morningstar précise pour sa part qu’il n’existe aujourd’hui aucun signe d’une intention du gouvernement américain en ce sens. Autrement dit : un thème de fond existe, il n’explique pas le recul de la semaine écoulée, et il ne justifie aucune course.
L’argent se traite autour de 54 dollars l’once, le platine autour de 1 550 dollars, le palladium autour de 1 050 dollars. Les métaux précieux bougent ensemble, chacun avec son propre rythme. L’or reste le thermomètre le plus lu.
Que change cette baisse pour un particulier qui veut de l’or physique ?
Un cours revenu près de 29 % sous le record de janvier, ce sont des niveaux que les acheteurs institutionnels mettent à profit pour accumuler. Pour un particulier, la clé n’est pas de deviner le point bas. Personne ne le connaît. La clé est de comprendre la mécanique du cours, puis d’en parler en agence.
Le spot n’est qu’une référence. Sur une pièce ou un lingot, s’ajoutent le spread et la prime. C’est ce trio qui détermine ce que l’on paie réellement. Notre page pour comprendre le cours, le spread et la prime pose les bases sans jargon.
Gold & Silver Company est une néofonderie indépendante, raffinerie agréée par la Monnaie Royale de Belgique. Le circuit est européen, sur or recyclé, avec le siège à Dottignies. En agence, on regarde le cours du jour, le format (pièce ou lingot), et le rythme d’achat. Les achats réguliers lissent le prix d’entrée. Ils évitent de courir après un timing parfait.
Il n’y a ni urgence ni signal unique à guetter. Une conversation concrète, autour d’un cours daté, vaut mieux qu’un scénario lu trop vite. Vous pouvez prendre rendez-vous à l’agence quand vous le souhaitez.
Questions fréquentes sur la baisse du cours de l’or
Est-ce le bon moment pour acheter de l’or ?
Personne ne connaît le point bas. Le 23 octobre 2026, l’once est passée sous 4 000 dollars. Fin octobre, elle se situe autour de 4 000 dollars, encore près de 29 % sous le record du 28 janvier. Ces niveaux intéressent les banques centrales, qui continuent d’acheter ; les ETF or ont enregistré des sorties la semaine du 19 octobre. Pour un particulier, « le bon moment » dépend du besoin, du format et de l’horizon, pas de la variation d’une seule semaine. En agence à Dottignies, on pose le cours, on compare une pièce et un lingot, et on parle d’achats réguliers qui lissent le prix d’entrée. Aucune injonction, simplement de la clarté sur ce que l’on achète réellement.
L’or va-t-il continuer à baisser ?
Nul ne le sait. Les marchés attendent des taux Fed inchangés les 27 et 28 octobre, puis une hausse possible en décembre (probabilités citées entre 75 et 92 %). Les rendements du 10 ans, encore proches de 5 % après un pic à 5,35 % le 7 octobre, restent un vent contraire. La guerre USA-Iran et le pétrole élevé jouent dans l’autre sens. Deux forces, un seul cours. La réponse honnête est d’admettre l’incertitude, puis de décider si l’or physique a une place chez vous, indépendamment de la prochaine séance. C’est précisément le genre d’échange que l’on a en agence, sans promesse de trajectoire.
Pourquoi les banques centrales achètent-elles si le cours baisse ?
Parce qu’elles n’achètent pas la semaine. Elles achètent une réserve. Morningstar indique que les banques centrales continuent d’accumuler malgré le recul ; les ETF or ont enregistré des sorties la semaine du 19 octobre. Deux semaines de baisse et un passage sous 4 000 dollars le 23 octobre ne changent pas un mandat de long terme. Pour un particulier, ce n’est pas un ordre d’imiter. C’est une information de contexte : le métal qui corrige en dollar n’est pas un métal déserté. En agence, on traduit cela en choix concrets, pièce ou lingot, plutôt qu’en lecture d’un flux officiel.
Faut-il attendre un plus bas pour acheter des pièces ou des lingots ?
Attendre le plus bas, c’est parier sur une date que personne ne possède. Les achats réguliers lissent le prix d’entrée. Ils transforment une semaine de doute en moyenne. Sur le physique, le spot n’est qu’une jambe du prix : le spread et la prime comptent autant. À Dottignies, on ouvre le cours du jour, on regarde les pièces d’investissement et les lingots, et on calibre la quantité à ce que vous voulez réellement détenir. L’objectif n’est pas de rejouer la séance du 23 octobre, mais de comprendre ce que vous emportez.
Faut-il vendre son or maintenant que le cours baisse ?
Pas par réflexe. Une baisse du cours n’efface ni le poids ni le titre de votre métal : elle change le prix du jour, pas la matière. La mécanique est simple : poids, multiplié par le titre, multiplié par le cours du moment, vérifié sur une balance devant vous. Certains vendent parce qu’ils avaient prévu de le faire, cours haut ou non. D’autres attendent. Les deux se comprennent, aucun ne se décide sur une semaine de marché. En agence, on commence par peser et estimer gratuitement ce que vous avez, puis on regarde ensemble si le moment vous convient. Vous repartez avec un chiffre clair et libre, jamais avec une injonction.
Anaïs, Directrice de la production chez Gold & Silver Company
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