La Réserve fédérale s’apprête à laisser ses taux inchangés mercredi, reportant tout le suspense sur la seule question qui compte pour les marchés : le resserrement de décembre est-il déjà presque écrit ?
Le communiqué du FOMC est attendu à 19h00 à Bruxelles, avant une conférence de presse de Kevin Warsh à 19h30. Les contrats à terme donnent environ 90 % de chances à un maintien du taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, après la hausse unanimement votée en septembre.
Le contexte plaide pour la patience. L’inflation est remontée à 3,7 %, assez pour garder la Fed sur ses gardes, tandis que l’emploi montre des signes de refroidissement, assez pour l’empêcher d’accélérer. Résultat : la décision elle-même devrait être l’événement le moins surprenant de la semaine.
L’enjeu est ailleurs. Ce meeting n’apporte ni nouvelles projections ni « dot plot » : la prochaine cartographie des taux n’arrivera qu’à la réunion des 8 et 9 décembre. Ce soir, les investisseurs devront donc lire entre les lignes.
Trois expressions feront le marché. Si Warsh répète que l’inflation reste trop élevée et que la politique doit demeurer restrictive, décembre se rapproche. S’il insiste sur le ralentissement des embauches et la nécessité d’attendre les données, il s’éloigne. Et plus il dira que le comité décide « réunion par réunion », moins la hausse de décembre semblera verrouillée.
Pour l’or, le canal est connu : tout passe par le dollar et les taux réels. Un Warsh offensif les pousserait à la hausse, au détriment du métal jaune, qui ne paie pas de rendement. Un Warsh prudent ferait l’inverse. Vers 4 050 dollars l’once, le marché surveille surtout la zone des 4 000 dollars.
La première réaction, à 19h00, sera probablement algorithmique. La vraie réponse viendra pendant les questions. Ce soir, la Fed ne dira presque rien sur octobre. Elle dira surtout si décembre est encore ouvert.
