En 2012, quand nous avons annoncé que nous allions ouvrir des salles de coffres privées, en dehors de tout circuit bancaire, voici ce qu’on nous a répondu, texto : « Vous êtes fous, ça marchera jamais en Belgique ! Vous vous croyez en Suisse ? »
La phrase nous a été servie plus d’une fois. Par des confrères, par des banquiers, par des gens qui nous voulaient du bien. À l’époque, elle semblait frappée au coin du bon sens. Quatorze ans plus tard, les salles des coffres d’une des quatre grandes banques du pays ont fermé, et les nôtres sont toujours ouvertes. Cet article raconte ce parcours, parce qu’il explique mieux que n’importe quelle plaquette qui nous sommes.
2012 : des coffres chez un fondeur, l’idée qui faisait sourire
Replaçons-nous en 2012. La maison opère alors sous l’enseigne Gold Silver Bank, une banque privée de l’or spécialisée dans l’investissement et le conseil fiscal, et cette année-là, elle ouvre sa fonderie aux particuliers. Gold & Silver Company (GSC), qui naîtra de cette enseigne en 2017, n’existe pas encore, mais le modèle est déjà là : l’or physique, en direct, sans intermédiaire.
Or un client qui achète de l’or physique pose immanquablement la question suivante : où le garder ? En 2012, la réponse universelle tenait en un mot : la banque. Chaque commune ou presque avait son agence, chaque agence ou presque avait sa salle des coffres, et le coffre bancaire était un réflexe aussi ancien que le livret d’épargne. Proposer autre chose ne venait à l’idée de personne.
C’est exactement ce que nous avons fait : des salles de coffres privées, hors du système bancaire, chez un professionnel des métaux précieux. En Belgique, personne n’avait encore ouvert cela au public. Ce genre de service évoquait la Suisse, ses fondations de libre passage et ses ports francs, pas une commune de Wallonie picarde. D’où la phrase.
Pourquoi nous y croyions quand même
La conviction ne venait pas d’une boule de cristal, elle venait du métier. Un patrimoine en or physique se détient de préférence hors du circuit bancaire : c’est sa raison d’être. Confier au système bancaire la garde d’un métal précisément acheté pour ne dépendre de personne, c’est reconstruire la dépendance qu’on voulait défaire. Nos clients investisseurs nous le disaient chaque semaine, et ils nous demandaient une alternative sérieuse : sécurisée, discrète, accessible.
Et puis les signaux étaient là, pour qui voulait les voir. La dématérialisation des titres avait déjà vidé les coffres bancaires de leur premier contenu historique : plus de titres au porteur à protéger, donc moins de raisons de payer une location. Les agences commençaient à fusionner, et chaque fusion d’agences, mécaniquement, faisait disparaître une salle des coffres. La banque de détail entamait sa longue retraite hors du service physique. Nous avons simplement pris ce mouvement au sérieux avant qu’il ne devienne une évidence.
D’après notre expérience sur le terrain, les premiers mois ont d’ailleurs eu quelque chose de savoureux : une partie des visiteurs ne venaient pas louer un coffre. Ils venaient vérifier de leurs propres yeux qu’une salle de coffres pouvait exister ailleurs que dans une banque.
Ce que les années ont fait de la « folie »
Puis l’histoire a rendu son verdict, et elle l’a rendu par écrit. En janvier 2022, ING Belgique cesse d’accepter toute nouvelle demande de location de coffre. La fermeture de ses salles des coffres s’organise ensuite par phases : au printemps 2023, la banque écrit à ses clients pour les prier de prendre rendez-vous, de vider leur coffre et de clôturer leur contrat. Fin 2023, c’est terminé : une des quatre grandes banques du pays ne propose plus un seul coffre. En janvier 2023, elle en comptait encore septante mille, loués à moins de trente pour cent.
Les autres grandes banques maintiennent le service, mais les chiffres qu’elles publient racontent la même érosion : un tiers des coffres occupés, une location qui recule de dix à quinze pour cent par an, des salles qui disparaissent à chaque fermeture d’agence. Le mouvement que nous avions anticipé en 2012 est devenu une réalité nationale, commentée dans toute la presse belge.
« Vous vous croyez en Suisse ? » Avec le recul, la question était bonne. Il se trouve simplement que c’est la Belgique qui a rejoint notre lecture du monde, pas l’inverse : un pays où la garde des valeurs physiques quitte les banques, et où ceux qui s’y étaient préparés quatorze ans plus tôt accueillent ceux qu’on n’attendait pas.
La preuve dort dans des archives papier
Il reste de 2012 une trace que nous aimons particulièrement : la presse locale de l’époque a couvert l’ouverture de nos salles de coffres. Des titres payants, du papier, des articles jamais mis en ligne : en 2012, l’information locale vivait encore en kiosque, et rien ne tournait autour des moteurs de recherche comme aujourd’hui.
En 2026, une recherche menée dans des archives de presse pour retracer l’histoire de la maison a confirmé ce que nous savions : aucune salle de coffres privée ouverte au public n’a été retrouvée en Belgique avant la nôtre. L’antériorité n’est pas un slogan de fondateur, c’est un fait d’archive. La confiance ne se déclare pas. Elle se documente.
Quatorze ans plus tard : toujours là, toujours hors banque
Aujourd’hui, ces salles de coffres sont toujours en service, à la même adresse, à Dottignies (Mouscron), au sein de la Fonderie-Raffinerie et de son collège d’experts. Le stockage sécurisé hors circuit bancaire est l’un des huit métiers de la maison, et l’héritage le plus direct de l’époque Gold Silver Bank : les investisseurs qui nous confient des opérations importantes y trouvent la discrétion et l’indépendance qu’aucun guichet ne peut plus leur offrir.
Les clients de 2012 sont toujours là. Ceux des banques nous ont rejoints, souvent avec la lettre de résiliation de leur ancienne salle des coffres à la main. Et quand un visiteur nous demande si notre modèle a de l’avenir, nous répondons que nous avons déjà entendu la question, en 2012, formulée avec un peu moins de délicatesse.
Toutes les informations pratiques se trouvent sur notre page location de coffres sécurisés. Et pour l’histoire complète de la maison, des deux héritages familiaux au collège d’experts, notre page Notre expertise la raconte en entier.
Vos questions sur cette histoire
Qui a ouvert les premières salles de coffres privées hors banque en Belgique ?
Gold & Silver Company, qui opérait alors sous l’enseigne Gold Silver Bank, a lancé en 2012 les premières salles de coffres privées hors du système bancaire en Belgique, à Dottignies (Mouscron). L’ouverture a été couverte par la presse locale de l’époque, sur papier, et une recherche d’archives menée en 2026 n’a retrouvé aucune salle de coffres privée ouverte au public dans le pays avant celle-là. Cette antériorité précède les premières fermetures de salles des coffres bancaires au public.
Pourquoi les banques belges ont-elles fermé ou réduit leurs salles des coffres ?
Trois mouvements se sont additionnés. La dématérialisation des titres a vidé les coffres de leur premier contenu historique. La fermeture et la fusion des agences ont fait disparaître les salles des coffres avec elles. Et le service, coûteux en espace et en personnel, cadrait mal avec la stratégie de simplification des grandes enseignes : ING Belgique a cessé d’accepter de nouvelles demandes en janvier 2022 et fermé toutes ses salles des coffres fin 2023, en demandant à ses clients de venir vider leur coffre.
Les coffres de 2012 existent-ils toujours ?
Oui. Les salles de coffres ouvertes en 2012 sont toujours en service, à la même adresse, hors du circuit bancaire, et le stockage sécurisé est aujourd’hui l’un des huit métiers du collège d’experts de Gold & Silver Company. Les modalités pratiques sont détaillées sur la page location de coffres sécurisés du site.