Trente secondes avec nos experts
Dans les tiroirs d’Europe dorment des couronnes, des bridges et des dents d’or que personne n’ose estimer : trop d’alliages pour certains, trop singuliers pour être montrés. Cette page transmet ce que la maison pratique chaque jour en agence : reconnaître les grandes familles d’alliages dentaires, déjouer le piège de la couleur, peser ce qui doit l’être et déduire le reste. Gold & Silver Company, Fonderie-Raffinerie agréée par la Monnaie Royale de Belgique, à Dottignies (Mouscron), rachète l’or dentaire sous toutes ses formes : fonte gratuite et tests réalisés devant le client, sans rendez-vous.
Vingt-six siècles d’or en bouche
L’or dentaire n’est pas une curiosité de tiroir : c’est la plus ancienne prothèse de l’humanité. Dès le VIIe siècle avant notre ère, les Étrusques façonnent de fines bandes d’or soudées qui maintiennent en place des dents naturelles ou de remplacement ; ces appareils, retrouvés dans les tombes de femmes de l’élite, étaient autant un signe de rang qu’un soin. À la Renaissance, les praticiens italiens comblent déjà les caries à la feuille d’or ; la première mention imprimée de la technique paraît en 1514, sous la plume du chirurgien Giovanni da Vigo. En 1728, Pierre Fauchard, père de la dentisterie moderne, consacre l’or dans son grand traité, pour l’obturation comme pour la prothèse.
Le XXe siècle sera son âge d’or, au sens propre. En 1907, la coulée à la cire perdue, vieille technique d’orfèvre, entre au laboratoire dentaire et permet des couronnes et des inlays ajustés avec une précision inédite. Pendant des décennies, la couronne en or est le sommet de l’art dentaire : des millions de bouches européennes en portent encore la trace. Puis la céramique impose le blanc, et l’or quitte peu à peu le fauteuil, sans jamais quitter la longue histoire de l’affinage des métaux précieux, où il ne cesse de revenir se fondre. Aujourd’hui, le grillz du hip-hop, parure amovible moulée sur les dents, renoue sans le savoir avec les bandes étrusques : vingt-six siècles plus tard, la boucle est bouclée.
Pourquoi l’or tient en bouche
La bouche est l’un des milieux les plus hostiles qui soient pour un métal : chaude, humide, salée, tour à tour acide et sucrée, parcourue chaque jour par des milliers de cycles de mastication. L’acier y pique, le cuivre y verdit, le fer n’y survit pas. L’or, lui, ne s’oxyde pas, ne se corrode pas dans la salive et ne libère rien : c’est l’un des très rares métaux que le corps tolère pendant des décennies sans réagir.
Ses autres vertus sont celles de l’orfèvre. Ductile, il épouse au laboratoire la forme exacte de la dent préparée et donne des bords d’une étanchéité remarquable. D’une dureté proche de celle de l’émail, il n’use pas la dent d’en face, là où des céramiques plus dures la rayent. Et comme l’argent des couverts, l’or dentaire n’est jamais pur : trop tendre à l’état fin, il est allié à d’autres métaux, précieux ou non, qui lui donnent sa tenue mécanique. Toute la question du rachat tient dans cette nuance : combien d’or fin, exactement, dans l’alliage ?
Jaune, blanc, gris : les trois familles
Tout ce qui sort d’une bouche ou d’une boîte à couronnes appartient à l’une de ces trois familles. Les confondre coûte cher dans les deux sens : jeter un bridge blanc riche en or et en platine, ou espérer une fortune d’une prothèse à crochets qui n’a de métal que le poids.
L’or dentaire jaune
L’alliage classique des couronnes, bridges et inlays : de 50 à 90 pour cent d’or, complété d’argent, de palladium, de platine et d’un peu de cuivre. Les travaux anciens sont souvent les plus riches. Il se rachète au poids de métal fin mesuré.
L’or dentaire blanc
La couleur de l’acier, le cœur d’un coffre : alliages or-platine de haute qualité ou argent-palladium. Rien ne le distingue à l’œil d’un métal commun, et c’est pourtant, souvent, du précieux : seule l’analyse révèle ce qu’il contient.
Les alliages gris non précieux
Chrome-cobalt, nickel-chrome, titane : la matière des prothèses squelettées, des crochets et des appareils. Des alliages robustes et sûrs, mais dont la valeur métal est négligeable : en agence, ils se reconnaissent en quelques gestes.
| L’alliage | Ce qu’il contient | Au rachat |
|---|---|---|
| Or jaune dentaire | 50 à 90 pour cent d’or ; argent, palladium, platine et cuivre en complément | La valeur suit la teneur d’or mesurée, gramme par gramme |
| Or blanc dentaire | Or et platine, ou argent et palladium | La valeur suit l’analyse, jamais la couleur |
| Chrome-cobalt, titane | Prothèses squelettées, crochets, appareils | Valeur métal négligeable |
| Céramique, résine, dent | Cuites ou fixées sur le métal | Aucune valeur : estimées et déduites de la pesée |
Les chiffres à retenir
- 50 à 90 pour cent : la teneur en or des alliages dentaires jaunes classiques.
- 1 à 3 grammes : le poids habituel d’une couronne ; un bridge de plusieurs éléments va bien au-delà.
- 0 poinçon : l’or dentaire n’est jamais titré ni poinçonné ; seule l’analyse fait foi.
- VIIe siècle avant notre ère : les premières prothèses d’or, chez les Étrusques.
Ni carat ni poinçon : l’alliage des laboratoires
Un bijou porte un titre légal, frappé et contrôlé ; une couronne, jamais. L’alliage dentaire est une recette de laboratoire, dosée pour la coulée, la brasure et la bouche, pas pour la garantie publique. D’un praticien à l’autre, d’une décennie à l’autre, la teneur en or varie du simple au double, et les carnets de fabrication ne suivent pas la couronne chez son porteur. Les dentistes américains ont bien proposé, en 1984, une classification en trois familles, hautement noble quand l’alliage compte au moins 60 pour cent de métaux précieux dont 40 pour cent d’or, noble en dessous, à base de métaux communs enfin ; mais elle classe des catalogues de fabricants, elle ne grave rien sur la pièce.
La conséquence est simple et fait tout le métier : sur l’or dentaire, personne ne peut lire la teneur, il faut la mesurer. Ni l’œil, ni l’aimant, ni la balance seule n’y suffisent. C’est exactement ce pour quoi une fonderie-raffinerie est équipée : fondre le lot, puis analyser le métal homogène au spectromètre, composition au millième, devant le client.
Le piège de la couleur
Le réflexe naturel voudrait que jaune signifie or et que blanc signifie rien. L’agence voit chaque semaine le contraire : une couronne blanche qui cache sa part d’or fin, un alliage jaune pâle qui plafonne à la moitié d’or, des crochets gris qui pèsent lourd et ne valent rien. La couleur d’un alliage se règle au laboratoire comme un parfum : un peu de palladium blanchit tout, un peu de cuivre réchauffe le jaune. Elle dit l’esthétique choisie, jamais la richesse.
La règle de l’agence tient donc en une ligne : la couleur est une opinion, la spectrométrie est un fait. C’est le pendant dentaire du piège des chiffres de l’argenterie, où un 90 frappé dans un carré promet un titre qu’il n’est pas : ici, c’est l’éclat qui promet, et la mesure qui tranche.
Du tiroir au creuset : l’expertise
L’or dentaire arrive en agence tel que la vie le laisse : couronnes déposées, bridges entiers, dents encore serties, céramique cuite sur le métal, boîtes héritées où tout se mélange. La maison reçoit le lot tel quel ; voici, dans l’ordre, ce qu’il devient.
- Le tri. Couronnes, bridges et inlays d’un côté ; prothèses squelettées et crochets de l’autre. L’œil de l’agence sépare en quelques gestes le précieux probable du non-précieux certain, et l’explique pièce par pièce.
- La pesée honnête. La dent résiduelle, la céramique, la résine ne sont pas du métal : leur part s’estime et se déduit, devant vous. C’est la même droiture que pour les manches lestés de l’argenterie : on paie le métal, tout le métal, rien que le métal.
- La fonte, gratuite. Le lot fond en un cône homogène dans les ateliers de la maison. Ce qui n’est pas métal s’en va au feu ; ce qui l’est se rassemble, prêt pour l’analyse. Aucun frais n’est facturé pour cette étape.
- La spectrométrie. L’analyse élémentaire donne la composition au millième : tant d’or, tant d’argent, tant de platine, tant de palladium. Chez Gold & Silver Company, elle se déroule devant le client, et le chiffre repose sur une mesure, pas sur une promesse.
- L’offre. Poids de métal multiplié par le cours du jour au gramme près.
Ce que vaut l’or dentaire au rachat
Le calcul est le même que pour tout métal précieux, en trois temps : le poids de métal pesable, multiplié par la teneur mesurée, donne le poids de métal fin ; ce poids fin, multiplié par le cours du jour, affiché en permanence en haut de cette page, donne la valeur métal. Une couronne pèse le plus souvent de un à trois grammes ; à 70 pour cent d’or, teneur courante des alliages jaunes classiques, deux grammes de couronne contiennent 1,4 gramme d’or fin.
L’offre de rachat part de cette valeur métal et en déduit les frais de fonte et d’affinage, réalité d’atelier de toute fonderie. La maison affine elle-même, dans ses propres ateliers : les frais restent au plus juste et le prix proposé s’entend net, sans surprise. Quelques couronnes oubliées dans une boîte à boutons paient ainsi, souvent, mieux qu’on ne l’imagine ; et comme pour tout l’or sans papiers, l’identité du métal ne dépend ni d’une facture ni d’un souvenir : elle se mesure.
L’or dentaire aujourd’hui
Au fauteuil, la page se tourne : la céramique et la zircone ont imposé leur blanc, et l’or ne se pose plus guère. Mais un demi-siècle de couronnes d’or vit encore dans les bouches et les tiroirs d’Europe : chaque couronne déposée chez le dentiste, chaque boîte héritée d’un parent en contient sa part. Ce gisement discret a un avenir clair : fondu et affiné, l’or dentaire redevient or fin et rejoint le circuit européen du métal recyclé, celui-là même dont la maison fait sa matière première. La couronne d’hier devient le lingot de demain, sans qu’un gramme ne se perde.
Et la parure, elle, continue. Le grillz moulé sur les dents brille des mêmes reflets que les bandes d’or des tombes étrusques ; l’or en bouche n’a jamais cessé, il a seulement changé de raison. Entre le bijou qui se montre et le métal qui se recycle, l’or dentaire reste ce qu’il a toujours été : de l’or, exactement aussi précieux que son poids de fin, et la maison le pèse comme tel.
L’examen de sortie : neuf questions
Neuf affirmations, vraies ou fausses. Répondez d’instinct : chaque réponse est corrigée sur-le-champ, et l’agence vous attend au bout.
Vos questions, nos réponses
Comment savoir si ma couronne contient de l’or ?
Pas à la couleur : un alliage blanc peut être riche en or et en platine, un alliage jaune peut n’être précieux qu’à moitié, et rien n’est jamais poinçonné. Le seul verdict fiable est l’analyse après fonte, au spectromètre. Apportez la pièce en agence : le test est réalisé devant vous et l’explication vient avec.
Faut-il retirer la dent ou la céramique avant de venir ?
Non, surtout pas. La maison reçoit l’or dentaire tel quel : dent sertie, céramique cuite, résine, bridges entiers. La part qui n’est pas du métal s’estime et se déduit devant vous, puis la fonte s’en charge. N’essayez jamais de casser ou de séparer vous-même une couronne : vous n’y gagneriez rien.
Combien pèse et combien vaut une couronne en or ?
Une couronne pèse le plus souvent de un à trois grammes ; un bridge de plusieurs éléments va bien au-delà. La valeur suit le poids de métal fin : teneur mesurée multipliée par le cours du jour, affiché en haut de cette page. À titre de repère, deux grammes à 70 pour cent d’or contiennent 1,4 gramme d’or fin.
Les dents en or héritées d’un parent valent-elles encore quelque chose ?
Oui. L’or ne périme pas, et les travaux anciens comptent souvent parmi les plus riches en or fin. Une boîte de couronnes des années soixante se pèse et s’analyse exactement comme un travail d’hier, et le règlement suit le même cours du jour. Rien n’oblige à trier avant de venir : l’agence s’en charge.
Le rachat d’or dentaire est-il soumis à la TVA ?
Non : le particulier qui vend son or dentaire ne facture aucune TVA, comme pour les bijoux ou l’argenterie. La fonte et l’analyse sont par ailleurs gratuites en agence. Le prix annoncé s’entend donc net, au gramme de métal fin.
Faut-il un rendez-vous pour faire estimer de l’or dentaire ?
Non. L’or dentaire se présente sans rendez-vous à l’agence de Dottignies (Mouscron), aux heures d’ouverture. Tri, pesée, fonte et analyse se font devant vous, l’offre est au gramme près et, si elle vous convient, le règlement est immédiat.
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